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Focus Fonds

Keren Patrimoine, votre fonds diversifié, affiche cette année encore une des meilleures performances de sa catégorie, comment expliquez-vous cette régularité ?

 La régularité des performances du fonds Keren Patrimoine tient d’une part dans sa philosophie de gestion mais aussi dans son approche par le rendement. Ainsi, ce n’est pas la performance de court terme que nous allons chercher à obtenir, mais au contraire une régularité sur le moyen/long terme qui permet au fonds de se classer parmi les meilleurs de sa catégorie sur différentes périodes.

Les marchés actions recelant des incertitudes sur leurs évolutions futures, nous avons choisi de nous appuyer dans Keren Patrimoine sur une classe d’actif offrant de la visibilité et encore un rendement attractif, les obligations d’entreprises. Ainsi, à fin août, le fonds est investi à 65% sur ces dettes d’entreprises qui nous procurent un rendement actuariel de plus de 5%. Autour de ce socle (qui peut évoluer lui-même), nous faisons fluctuer notre poche actions en fonction des anticipations du gérant.

 

Quelles sont vos perspectives pour la fin d’année ?

 D’un point de vue macroéconomique, la fin d’année s’annonce encore et toujours incertaine. En effet, les investisseurs vont être extrêmement attentifs à deux points principaux : les politiques monétaires des banquiers centraux et les élections. Depuis de nombreuses années, l’évolution des marchés financiers n’est que le reflet des politiques monétaires mises en place par les banques centrales. Celles-ci restent ultra accommandantes mais la FED (banque centrale américaine) a commencé à inverser son processus en décembre dernier en relevant ses taux et devrait d’ici la fin de l’année les relever à nouveau ce qui engendre beaucoup de nervosité sur les marchés. D’autre part, nous allons assister à deux élections importantes, une en Italie s’apparentant presque à un vote d’adhésion à la zone Euro et l’autre aux Etats Unis pour une présidentielle qui s’annonce animée.

D’un point de vue économique, nous sommes nettement plus positifs. En effet, même si la croissance européenne n’atteint pas de sommet, nous constatons que les publications de résultats sont de bonnes factures et les entreprises que nous rencontrons présentent dans leur ensemble un taux d’endettement qui s’est réduit ces dernières années, un niveau de cash important, des perspectives de croissance qui semblent bonnes et pour certaines une reprise de l’investissement.

 

Quels sont les choix de gestion que vous avez faits en conséquence ?

 Au sein de Keren Patrimoine, avec la perspective de hausse de taux aux Etats-Unis et l’intérêt croissant que suscitent les obligations d’entreprises, nous avons choisi de baisser encore la duration de notre portefeuille obligataire, celle-ci tombant désormais à 2 années. Etant investi uniquement sur de la dette d’entreprise européenne, nous pensons que le couple duration courte /rendement élevé devrait permettre de bien amortir la volatilité des prochains mois. D’autre part, nous avons augmenté récemment à un peu plus de 30% (sur un maximum de 35%) la poche actions, dans laquelle nous privilégions actuellement le secteur de l’immobilier côté, les systèmes d’informations, les équipementiers automobiles et plus largement les grandes valeurs de rendement.