Interview d'un gérant de fonds

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Neil Gregson
Responsable Monde des Actions Pays Emergents
Credit Suisse

Les turbulences de l'été s'estompent. Les crédits américains à risque et leurs titrisations laissent place à l'économie de marchés.
Les matières premières y prennent une importance de plus en plus remarquée.

Quel est votre sentiment général sur la situation actuelle des marchés Actions ?

Jusqu’à présent, les événements à la base des perturbations sur les marchés ont semblé plus financiers que macroéconomiques. Ce sont les inquiétudes liées aux marchés des sub-primes et des financements structurés (ABS) qui ont concentré l’attention des investisseurs. La conjoncture, elle, reste relativement stable. La plupart des indicateurs pointent vers une économie mondiale en bonne santé, et un ralentissement généralisé n’est pas du tout à l’ordre du jour.
Même avant les dernières corrections, les actions apparaissaient meilleur marché que les autres classes d’actifs. Avec la croissance des bénéfices prévisionnels d’un grand nombre de secteurs, les valorisations semblent encore plus attractives. Les marchés actions ont bien supporté le choc et bien des titres sont particulièrement attractifs. Nous considérons que les perspectives économiques mondiales restent favorables, et restons sur-pondérés sur les actions.

Qu’en est-il du marché des actions liées aux matières premières ?

Les matières premières constituent les produits de base de la croissance économique et un nombre croissant d’investisseurs cherchent à tirer parti de leurs caractéristiques uniques, parmi lesquelles la capacité d’optimiser le profil de risque / rendement d’un portefeuille d’actifs traditionnels. 
C’est un secteur qui a bénéficié au cours de la dernière décennie d’une forte croissance de la demande, avec le développement de la production industrielle des pays BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine). L’augmentation de la demande  couplée à une raréfaction de l’offre a été bénéfique pour la plupart des matières premières, d’autant que peu d’investissements sur les structures de production ou l’exploration ont été initiés jusqu’à la fin des années 1990.
L’industrie des matériaux de base a en effet réagi avec retard, mais la hausse des cours a permis aux compagnies de générer de la trésorerie pour financer leurs projets de développement. Néanmoins, alors que les coûts de production industrielle devraient se stabiliser, nous pensons que les cours continueront d’être supportés par les besoins de l’ industrie qui opère déjà à pleine capacité.
Des coûts en hausse, des risques toujours présents au niveau de l’approvisionnement et une demande croissante confortent notre sentiment que les cours du pétrole et des métaux resteront bien au dessus de leur moyenne long terme : par conséquent, les sociétés bien gérées et qui opèrent avec des coûts maitrisés, continueront de bénéficier de solides marges bénéficiaires et de générer des cash flow importants.

Dans ce contexte, comment le fonds est-il positionné ?

Le Credit Suisse Equity Fund (Lux) Global Resources offre la possibilité de profiter des perspectives attrayantes du secteur des matières premières. Ce fonds investit en effet dans des entreprises internationales actives dans la distribution, le traitement, le financement et le commerce de produits issus des domaines des métaux et de l’extraction minière, des ressources énergétiques, du bois et du papier et des produits chimiques.  Nous nous concentrons sur les entreprises bénéficiant de bonnes valorisations et dont la qualité du management et la capacité de générer de la valeur sont avérées. 
Les sociétés du secteur continuent de  se positionner pour profiter de la croissance des économies BRIC, et nous pensons qu’elles seront ainsi moins sensibles aux éventuels ralentissements des pays dits « développés ». Bien que nous ne nous attendions pas à ce que la Chine affiche des taux de croissance tels que ceux enregistrés ces dernières années, la croissance de l ‘ensemble des pays BRIC devrait continuer à soutenir le secteur des matières premières.
En particulier, nous pensons que les fondamentaux sont solides pour les marchés du minerai de fer, du cuivre, du platine, du pétrole et du gaz, et du nickel. Nous restons neutres sur l’acier, le zinc et l’or et sous-pondérés sur l’industrie du papier, alors que le secteur continue de se consolider. Ce fonds est un excellent vecteur de diversification et de performance. 

De façon plus générale, quelles sont les perspectives d’évolution des marchés ?

Après la crise des sub-primes, les marchés semblent être revenus à une période plus calme. La décision de la Federal Reserve de baisser son principal taux directeur a redonné confiance aux marchés, dont la plupart ont retrouvé les niveaux qu’ils connaissaient avant la baisse du mois d’août. Après la consolidation du début du mois de septembre, les craintes d’une crise de liquidités du secteur bancaire anglais ont fragilisé les marchés avant que la baisse des taux US ne vienne donner le signal du rebond pour l’ensemble des marchés, et plus particulièrement l’or, qui a par ailleurs bénéficié de l’affaiblissement du dollar. La plupart des sociétés du secteur des matières premières ont ainsi retrouvé leur niveau d’avant la crise des sub-primes. La réduction des taux de la Fed devrait favoriser le retour de la confiance dans l’économie américaine et aider à une ré-accélération de la croissance économique.  Bien que nous nous attendions à ce que la volatilité perdure, les craintes initiales d’une récession aux US semblent désormais écartées.