Interview d'un gérant de fonds

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David Pastel, Président-fondateur de Pastel & Associés, directeur de la gestion du fonds "Valeur Intrinsèque"

Le fonds est investi en actions internationales (marchés d'Amé rique du Nord, du Royaume Uni et de la Zone euro) selon une méthodologie d'investissement originale élaborée et développée par David Pastel depuis plus de 10 ans.

Qu’est-ce qui fait la spécificité de la méthodologie d’investissement mise en oeuvre par Pastel & Associés ?

Nos portefeuilles sont constitués selon une logique de prises de participations dans un nombre réduit d’entreprises cotées, sélectionnées après une analyse approfondie de leur valeur économique à moyen/long terme.
Pour chacune des valeurs entrées en portefeuille, notre objectif est d’obtenir, le plus sûrement possible, un retour sur investissement supérieur à 10% en moyenne annuelle à un horizon de 5 ans, soit une performance absolue supérieure à 60%. Ce qui signifie que nous intégrons également dans nos choix d’investissement un objectif de minimisation du risque de perte en capital à 5 ans.
Notre méthodologie d’investissement s’articule autour de quelques notions clés dont celles de valeur intrinsèque et de marges de sécurité. Ainsi, nous calculons, pour chaque société susceptible de faire l’objet d’un investissement, sa valeur intrinsèque estimée à partir de sa capacité à générer de la trésorerie excédentaire. Et, afin d’atteindre le plus sûrement possible notre objectif de retour sur investissement à moyen/long terme, nous accordons une grande importance à la prise en compte de marges de sécurité à la fois qualitatives et quantitatives.
La recherche de marges de sécurité qualitative nous conduit, en règle générale, à investir dans des sociétés disposant d’avantages concurrentiels significatifs et durables et de dirigeants expérimentés et intéressés à la performance à long terme du cours de bourse. De plus, les business models doivent être relativement simples et cohérents dans le temps.
La recherche de marges de sécurité quantitative nous amène, en règle générale, à choisir des sociétés ayant produit sur les 5 à 7 dernières années des taux élevés de rentabilité et dont le cours d’acquisition initial est inférieur ou égal à la valeur intrinsèque.

Ne faites-vous pas courir un risque à vos investisseurs en ayant des portefeuilles concentrés autour de 20 à 30 valeurs ?

La question clé en matière d’investissement est l’optimisation du ratio rendement/risque. Nous pensons que le moyen le plus sûr pour obtenir à moyen/long terme un rendement élevé en minimisant le risque de perte en capital réside dans l’étude et la connaissance approfondie des entreprises et de leur environnement. Et ceci afin d’évaluer leur potentiel de rentabilité au regard de leur cours de bourse et les risques économiques de tous ordres susceptibles d’affecter leur devenir.
Mieux vaut donc consacrer ses ressources à la connaissance, la sélection et le suivi d’un nombre limité d’entreprises dont on pense obtenir à moyen/long terme et avec une forte probabilité, un gain élevé, plutôt que de se disperser sur un grand nombre de valeurs, ce qui entraîne mécaniquement une dilution du rendement et potentiellement l’existence de risques mal maîtrisés faute d’une étude ou d’un suivi suffisamment approfondi.
Bien entendu, nous ne sommes pas à l’abri d’erreurs de jugement ou d’événements imprévus ou imprévisibles affectant l’entreprise ou son environnement. D’où la prise en compte, dans notre processus d’investissement, de marges de sécurité qualitatives et quantitatives afin d’en limiter les conséquences.


A quel moment est-il préférable d’investir dans vos fonds ?

D’une façon générale, il est extrêmement difficile de déterminer quels sont les meilleurs moments pour entrer et sortir des marchés actions car ces derniers sont largement imprévisibles à court terme. Par ailleurs, des études ont bien montré que la plus grosse part des hausses avait lieu sur des périodes réduites et qu’à vouloir faire du market timing, vous risquez d’être absent des marchés au plus fort de la hausse et d’y revenir à contretemps, après la hausse et … avant la baisse qui s’ensuit.
Pour ce qui nous concerne, en toutes circonstances, nous appliquons, pour chaque valeur entrée en portefeuille, notre méthodologie d’investissement avec pour objectif l’obtention d’un retour sur investissement d’au minimum 10% en moyenne annuelle sur 5 ans. Et le fait que ayons un univers d’investissement assez vaste comprenant l’Amérique du Nord, le Royaume-Uni, la Zone euro et quelques autres pays de l’Europe de l’Ouest, accroît notre faculté de dénicher des valeurs qui répondent à nos critères d’investissement.
Mais il y a effectivement des périodes où les marchés dans leur ensemble sont fortement valorisés et où il est plus difficile de trouver des valeurs qui nous conviennent. Dans ce cas, notre position cash va mécaniquement s’accroître sans qu’il soit d’ailleurs question d’un quelconque market timing mais, comme la conséquence de la raréfaction des valeurs susceptibles de nous offrir, avec des marges de sécurité suffisantes, une perspective de retour sur investissement convenable. Historiquement, la position cash dans nos portefeuilles a varié en moyenne entre 0 et 10% des actifs avec un maximum de 30% en janvier 2001.
Sauf à prendre eux-mêmes la décision, pour des raisons de market timing, de renoncer totalement à être investi sur les marchés actions, les investisseurs peuvent à tout moment entrer dans nos fonds en se disant que les valeurs qui les composent, conservent, selon nos critères, un potentiel de gain conséquent à moyen/long terme. Même s’il est bien évident que ce potentiel de gain sera encore plus élevé au lendemain d’une secousse des marchés, tout en sachant, bien entendu, que nous ne sommes pas à l'abri d'erreurs de jugement.
Nous avons d’ailleurs profité de la chute du mois d’Août pour investir l’ensemble des liquidités dont nous disposions (entre 6 et 17 % selon les portefeuilles) et nous renforcer sur des sociétés de très grande qualité dont le cours de bourse avait été affecté par le mouvement global de baisse des marchés.